Archives de catégorie : Littérature

S’En aller // Littérature française

Suite à l’annulation inattendue de son mariage, Carmen donne à sa vie un nouveau cap. Elle abandonne ses vêtements de femme et sa longue chevelure pour des habits de marin et elle embarque sur un chalutier. Sophie d’Aubreby trace un portrait de femme étonnant, un parcours de vie qui nous emmène jusqu’au Sri Lanka et au détour de la Seconde Guerre mondiale durant laquelle Carmen entra en résistance. La question du corps traverse tout le roman, entre le corps corseté des femmes mariées, qui ne leur appartient pas, et le corps soumis aux tiraillements du corps en mouvement dans la danse.

S’en aller, Sophie d’Aubreby, Inculte, 18,90€

Un monde sans rivage // Littérature française poche

COUP DE FOUDRE ! Hélène Gaudy nous raconte les préparatifs et l’aventure d’une expédition, celle de trois suédois qui partirent en ballon pour rejoindre le pôle nord. Ce livre est d’une sensibilité extrême. Les interrogations des explorateurs font échos à nos propres désirs, à nos espoirs que l’on porte haute, jusqu’à l’épuisement. Avec un style magnifique, Hélène Gaudy a su décrire les paysages humains et sauvages, réels ou imaginaires. Un roman d’exploration qui « explore » un territoire, une intimité, des corps, des voies et des mystères. Un très très grand roman !

Un Monde sans rivage, d’Hélène Gaudy, Actes sud, 8,70€

True Story // littérature américaine

Pour ce premier roman, Kate Reed Petty articule son histoire autour d’une soirée étudiante qui a eu lieu 15 ans auparavant. Soirée au cours de laquelle Alice, comme beaucoup d’autres étudiants de cet âge, boit un peu trop. Elle sera alors ramenée par deux garçons de la très populaire équipe universitaire de crosse. Au lendemain de cette soirée, une rumeur est née : Alice aurait été sexuellement abusée par ces deux hommes, mais elle ne garde aucun souvenir de la fin de la nuit. S’en suit alors la quête d’une vérité insaisissable.
L’autrice écrit sur le poids de la rumeur, son aspect dévastateur et sa marque indélébile dans la vie de celles et ceux qui la constitue. Kate Reed Petty permet aux lecteurs de constater combien la vérité peut être changeante. Un livre brillamment construit, original jusque dans la diversité des formes narratrices choisies par l’auteur pour témoigner de la difficulté de s’exprimer.

True Story, Kate Reed Petty, Gallmeister, 24.60€
Traduction de l’anglais de Jacques Mailhos

Shuggie Bain // littérature écossaise

Douglas Stuart nous emmène dans un Glasgow froid et métallique des années 80 sous Margaret Thatcher. On y découvre la famille Bain, rongée par les maux de son époque. Shuggie, le benjamin, devra alors se construire dans ce cadre hostile, un garçon que l’on devine trop doux pour son environnement, peut-être même pour le monde entier. Mais c’est précisément pour cette douceur que le lecteur parvient à tourner les pages d’un livre qui nous plonge dans un univers difficile. Alors que ses frères et sœurs tentent de s’émanciper de cette famille et de la condition qui est la leur, le plus jeune demeurera proche de sa mère, dernier soutient d’une famille déséquilibrée. Lueur d’espoir dans une œuvre qui retrace les difficultés d’une Écosse empoisonnée, Shuggie est un personnage qui restera en vos mémoires !

Shuggie Bain, Douglas Stuart, Éditeur Globe, 23.90€
Traduit de l’anglais par Charles Bonnot

Le ciel par dessus le toit // Littérature française poche

Ce soir, Loup dormira en prison. Parce qu’il a 14 ans, qu’il a pris la voiture, qu’il a eu un accident. Parce qu’il voulait voir sa sœur. Chacune de leur côté, mère et fille, brouillées depuis des années, se remémorent leur histoire familiale. Pourquoi on en est là ? Pourquoi un garçon gentil et sans histoire dort en prison ce soir ? Une écriture lumineuse.  Un roman qui dit la violence par la douceur et la poésie. Magnifique.

Le ciel par-dessus le toit, Nathacha Appanah, Folio, 6.30€

L’anarchiste qui s’appelait comme moi // Littérature espagnole

05Découvrez le destin exceptionnel d’un personnage picaresque qui vous fera rire, qui vous fera trembler, qui raconte grâce à son existence tout un pan de l’histoire espagnole. Pablo Martin Sanchez est un anarchiste qui participa aux nombreuses révoltes qui secouèrent L’Espagne et ébranlèrent la dictature de Primo de Rivera. Ce roman nous raconte son histoire, de son enfance à sa lutte pour la liberté. Les pages de ce roman contiennent tout l’espoir des utopies du début du XXe siècle. Mais avant d’être un roman politique, c’est avant tout un roman d’aventures, plein de péripéties : l’amour contrarié, l’amitié profonde,  les risques de la lutte, les choix d’un homme ordinaire au destin romanesque. L’auteur (qui porte le même nom que son héros) pose sur son personnage un regard facétieux, nous rendant cet anarchiste particulièrement attachant. Un roman passionnant, qui emporte dès la première page.

L’Anarchiste qui s’appelait comme moi, Pablo Martin Sanchez, La Contre Allée et Zulma, 23.90€

Tableau final de l’amour // Littérature québecoise

Dans ce roman, Larry Tremblay nous invite à visiter l’antichambre de la création de Bacon et de son histoire d’amour brûlante avec un homme qui fut sa muse et sa souffrance.  Quel texte ! Il y a la fureur, la vitalité, le chaos. Il agit sur nous comme le flux et le reflux de la marée, comme une vague qui emporte tout. Il y a une tension permanente entre Bacon et le monde, entre lui et l’autre, entre le peintre et le corps. Il y a quelque chose qui a trait à la possession : possession des corps, de l’identité comme la confiscation d’un être par le peintre qui le représente. Mais c’est aussi une possession du lecteur, comme pris en otage qui ne sait plus, ne peut plus penser. Il ne peut que ressentir. Il n’y a plus de rationalité possible, que de la sensibilité, pas à fleur de peau, mais la chair à vif. On y retrouve des accents du Théâtre de le Cruauté d’ Antonin Artaud, de la souffrance transfigurée par l’art, que ce soit la peinture de Bacon ou celle de l’écriture de Larry Tremblay elle-même. C’est un texte qui s’infuse dans les veines et qui vient hurler à nos oreilles le chamboulement de la représentation. Un immense coup de cœur !

Tableau final de l’amour, Larry Tremblay, La Peuplade, 18€

La Mer à l’envers // Littérature française poche

Rose, en croisière avec ses enfants sur la Méditerranée, rencontre un jeune migrant Younès, à qui elle va confier le téléphone portable de son fils. Elle tracera ainsi la trajectoire européenne de cet adolescent, jusqu’à son appel à l’aide. « La Mer à l’envers »  ce n’est pas qu’une histoire de migration. C’est aussi l’histoire d’une rencontre et du bouleversement intérieur que cette rencontre provoque. Rose, le personnage principal, n’est pas une héroïne. C’est une femme qui doute et qui désire, qui tente d’allier sa vie personnelle à son besoin de guérir et d’accueillir. Elle est vivante et magnifique dans sa banalité. Avec toute la douceur de son style, Marie Darrieussecq enrobe ses personnages d’une douceur intime et d’une bienveillance étonnante. Bouleversant !

La Mer à l’envers, de Marie Darrieussecq, Folio, 7.50€

Ceux qui partent // Littérature française poche

CEUX QUI PARTENT // LITTÉRATURE FRANÇAISE

Un roman beau et doux qui nous raconte la trajectoire de personnages qui se réinventent, qui bousculent leur vie et le monde en se projetant vers un nouveau territoire. Un roman sur la transmission , les racines, la liberté, le désir. Jeanne Benameur frappe au cœur, comme toujours, et nous donne l’envie de bousculer nos lignes de conscience et celles de nos territoires géographiques et intimes. Un grand roman !

Ceux qui partent, Jeanne Benameur, Actes sud, 8,70€

La Petite Dernière // Littérature française poche

Dans ce roman autobiographique, Fatima Daas nous raconte le tiraillement impossible à résoudre : elle est musulmane et pècheresse. Ce roman, on l’aime pour son ton, très contemporain et sa construction. Les désirs s’entrechoquent et forment des chapitres courts. La Petite Dernière est un roman court mais intense, une histoire de vie passionnante qui pose des problématiques actuelles.

La Petite Dernière, Fatima Daas, LGF, 7,40€