Archives de catégorie : Littérature

L’Octopus et moi // Littérature australienne

En cherchant à sauver une pieuvre, Lucy va perdre ses seins qu’elle détestait, ces faux seins d’après le cancer. Elle devra apprendre à vivre dans un nouveau corps, à construire son identité de femme. Dans une Tasmanie sauvage, un roman sur le rapport entre l’homme et la nature, mais aussi sur les rapports entre les hommes, qui ont des idéaux, des convictions, mais aussi des contradictions. L’écriture est unique, elle fait appel à tous nos sens. On goûte, on touche, on sent, on vit le texte. Un roman qui fait partie de ceux qui restent, qui font voyager, qui font réfléchir sur nous-même et sur le monde qui nous entoure.

L’Octopus et moi, Erin Hortle, Dalva, 22.90€

Là où chantent les écrevisses // Littérature américaine

Abandonnée par sa famille, Kya vit seule depuis ses 10 ans dans une maison délabrée au cœur des marais. Elle apprendra à apprivoiser ce climat inhospitalier de Caroline du Nord, et même à l’aimer. Le marais devient son territoire, mais l’exclut du reste du village. Une héroïne attachante et courageuse, un roman réjouissant qui mêle les thèmes de nature, d’exclusion, de solitude, rehaussé d’une intrigue qui tient en haleine jusqu’à la dernière page.

Là où chantent les écrevisses, Delia Owens, Points, 8.50€

L’Ami // Littérature française

Thierry vit dans un hameau et a pour seul ami son voisin, Guy. Lorsque la police arrive chez Guy et l’embarque avec sa femme, Thierry est décontenancé. Et lorsqu’il apprend que Guy est un tueur en série recherché depuis des années, son monde s’écroule. Pourquoi n’a-t-il rien vu ? Comment a-t-il pu être ami avec un monstre ? Commence pour lui une quête de sens, un sens à ces années d’amitié, un sens à son couple, à son enfance. Un roman psychologique implacable et captivant qui explore les méandres de l’âme humaine.

L’Ami, Tiffany Tavernier, Sabine Wespiser, 21€

Normal People // Littérature irlandaise

Les belles histoires d’amour ne sont pas si courantes, alors profitons-en ! Connell est un garçon populaire au lycée, Marianne une jeune fille solitaire. Ils connaitront pourtant ensemble leur premier amour. Puis vient l’université, les personnalités changent. Au fil des mois, des années, leurs vies se croisent et se décroisent. Entre amitié profonde, amour et souffrance, ils incarnent toutes les incertitudes d’une génération qui se cherche et se construit. Une histoire d’amour à la fois singulière et universelle, quand deux destins semblent liés envers et contre tout.

Normal People, Sally Rooney, Editions de L’Olivier, 22€

Starlight // Littérature canadienne

Un magnifique roman sur la résilience par la nature. Starlight, c’est l’histoire d’une femme en quête de repos et d’un abri pour elle et sa fille, loin de la violence. Elle va trouver refuge auprès d’un homme qui lui offrira l’un des plus beaux présents : celui de la nature et du sentiment d’appartenance au monde. Elle retrouvera le goût de vivre entourée d’une famille. Les personnages sont à la fois forts et pleins de douceur. Un roman dans lequel on se glisse, tout en doucement, qui respire la confiance et la sérénité.
Starlight, Richard Wagamese, Zoe, 9€

L’été de la sorcière // Littérature japonaise

Mai est une petite fille renfermée qui a du mal à se lier aux autres. Elle souffre de phobie scolaire et ne veut plus retourner dans son collège. Elle est alors envoyée chez sa grand-mère maternelle, d’origine anglaise, qui va la prendre sous son aile. Avec une patience et une distance toute britannique, la grand-mère va pousser Mai à s’accepter grâce à son jardin. Elles plantent ensemble leur petit havre de paix. Un roman tout en douceur : on imagine la bouilloire qui frémit, le chuintement de l’eau pour le thé, la lumière du petit matin qui entre par la fenêtre, les roses à thé qui diffusent leur parfum. Un petit bijou !

L’été de la sorcière, Kaho Nashiki, Picquier, 18€

Vania, Vassia et la fille de Vassia // littérature française

Trois personnages au sein d’une petite communauté d’anciens cosaques installés en Corrèze. Trois destins très différents. L’un voudra défendre la France tout en gardant son identité russe, l’autre préférera rejoindre Hitler pour l’aider à vaincre Staline et pouvoir retourner en Russie. La petite dernière, sans argent mais déterminée, devra se construire un avenir en traversant ce XXème siècle mouvementé et sera actrice d’une société qui change. Un souffle romanesque traverse ce récit et nous transporte au plus prêt des joies et des tourments des russes de France.

Vania, Vassia et la fille de Vassia, Macha Méril, Liana Levi, 11€

Un papillon, un scarabée, une rose // littérature américaine

A 8 ans, Francie part vivre chez son oncle et sa tante. Sa mère, dépressive, est internée suite à un nouveau dérapage. Petite fille énigmatique, elle grandit dans la peur de la folie. Devenue adulte, elle replonge dans ses souvenirs d’enfance pour comprendre qui elle est. Ce beau roman sur la construction de soi est parsemé de fantaisie, l’imagination et la réalité se mêlent et reflètent les émois d’une enfant désorientée. Un univers sensible et coloré, un roman tout en finesse pour aborder la thématique des troubles psychiatriques.

Un papillon, un scarabée, une rose, Aimee Bender, L’Olivier, 22.50€

Il est juste que les forts soient frappés // Littérature française

Une claque ! Ce premier roman de Thibault Bérard est une petite merveille d’émotion. Sarah, une jeune femme rebelle, écorchée vive, rencontre Théo. C’est le coup de foudre. Petit à petit, elle bannie dans un coin de sa tête sa noirceur et gravit les échelons de la vie de couple. Elle s’amuse de sa propre niaiserie et de ce nouveau côté fleur bleue qu’elle ne se connaissait pas. Lorsqu’elle tombe enceinte, Théo et elle se projettent dans leur nouvelle vie de famille. Mais, pendant cette grossesse, les médecins lui diagnostiquent un cancer très avancé. Ils décident de se battre. Ce roman nous parle d’amour, de courage, de maladie, mais aussi de vie, de rire et de gaieté. Malgré le sujet particulièrement grave, Thibault Bérard a su faire de cette histoire un roman lumineux, solaire, plein d’humour et de force. L’un des romans qui m’aura le plus fait pleurer mais dont on ressort plus fort !

Ils est juste que les forts soient frappés, Thibault Bérard, J’ai Lu, 7.60€

J’ai couru sur le Nil // Littérature égyptienne

Alaa El Aswani signe un incroyable roman choral sur la révolution qui a déchiré l’Egypte en janvier 2011. Il raconte cette révolution, ses espoirs et ses désespérances ainsi que la répression qui blessa profondément le pays. Les personnages, tantôt lumineux, tantôt sombres, captent l’attention et la sensibilité du lecteur à coup sûr. Alaa El Aswani sonde toute la société égyptienne, allant des jeunes étudiants aux plus hauts gradés de la sécurité d’état. Un roman haletant, bouleversant et nécessaire.

J’ai couru vers le Nil, Alaa El Aswani, Babel, 10€