Archives de catégorie : Romans/polars

Variations d’un cœur // Littérature indienne

Une femme, neuf hommes qui l’ont aimé ou qu’elle a aimé au long de sa vie. Tour à tour ils prendront la parole pour la raconter, retracer ce qu’ils ont connu d’elle, d’elle avec eux, en s’adressant à elle dans un « Tu » qui souligne leur affection. A travers leurs voix, c’est le portrait de cette femme qui se dessine, une fillette rebelle, une jeune fille indomptable et libre, mais fragile. Le charme de ce roman, c’est sa construction, poétique et émouvante. Comment les histoires d’amour se suivent et ne se ressemblent pas.

Variations d’un cœur, Janice Pariat, Pavillons poche, 8€

Il est juste que les forts soient frappés // Littérature Française

Une claque ! Ce premier roman de Thibault Bérard est une petite merveille d’émotion. Sarah, une jeune femme rebelle, écorchée vive, rencontre Théo. C’est le coup de foudre. Petit à petit, elle bannie dans un coin de sa tête sa noirceur et gravit les échelons de la vie de couple. Elle s’amuse de sa propre niaiserie et de ce nouveau côté fleur bleue qu’elle ne se connaissait pas. Lorsqu’elle tombe enceinte, Théo et elle se projettent dans leur nouvelle vie de famille. Mais, pendant cette grossesse, les médecins lui diagnostiquent un cancer très avancé. Ils décident de se battre. Ce roman nous parle d’amour, de courage, de maladie, mais aussi de vie, de rire et de gaité. Malgré le sujet particulièrement grave, Thibault Bérard a su faire de cette histoire un roman lumineux, solaire, plein d’humour et de force. L’un des romans qui m’aura le plus fait pleurer mais dont on ressort plus fort !

Ils est juste que les forts soient frappés, Thibault Bérard, Editions de l’Observatoire, 20€

Les Mafieuses // Littérature française

Les femmes prennent les rênes ! Avant de tomber dans le coma, le mafieux Leone Acampora a lancé un chasseur de tête contre sa femme. Mais c’est sans compter sur la force et la détermination des filles de la famille Acampora. Un roman mafieux au féminin qui ne manque ni d’humour, ni de rebondissements. Pascale Dietrich dépoussière le milieu machiste de la mafia sudiste. Magouilles, narcotrafic et code d’honneur : Les Mafieuses donnent un grand coup de pied dans les préjugés !

Les Mafieuses, Pascale Dietrich, Le Livre de Poche, 7.10€

Alto Braco // Littérature française

C’est un paysage envoûtant et d’une beauté féroce que découvre Brune en arrivant dans l’Aubrac pour y enterrer Douce, sa grand-mère. Élevée dans la gaité par Douce et sa sœur à la mort de sa mère, Brune a grandi dans leur bistrot parisien. Mais le retour au pays est un chamboulement, elle découvre cette terre d’élevage, et entrevoie des secrets enfouis depuis longtemps. Un roman sur la transmission et sur l’attachement à la terre, dépaysant et enchanteur.

Alto Braco, Vanessa Bamberger, Liana Levi, 10€

Frères sorcières // Littérature française

« Frères sorcières » est un roman magique. Antoine Volodine invoque les pouvoirs primitifs du théâtre et de l’existence, dans une pièce en trois actes, trois incantations. Il y a du Antonin Artaud dans ce texte. Il envoûte, déroute, déstabilise, semble perdre son lecteur mais pour mieux le capturer par sa magie chamanique. Nous nous trouvons confrontés tantôt à un récit mythologique, tantôt à un rite païen. On ne revient pas indemne de cette lecture, et c’est tant mieux.

Frères sorcières, Antoine Volodine, Points, 7,50€

Et toujours en été // Littérature française

Entrez dans cette maison de famille comme dans un escape game. Un roman totalement prenant grâce à un dispositif narratif inédit. On y retrouve la douceur et les souvenirs, bons ou mauvais, de ces maisons de vacances qui ont fait notre enfance. A découvrir !

Et toujours en été, Julie Wolkenstein, P.O.L, 18€

là où chantent les écrevisses // Littérature américaine

Abandonnée par sa famille, Kya vit seule depuis ses 10 ans dans une maison délabrée au cœur des marais. Elle apprendra à apprivoiser ce climat inhospitalier de Caroline du Nord, et même à l’aimer. Le marais devient son territoire, mais l’exclut du reste du village. Une héroïne attachante et courageuse, un roman réjouissant qui mêle les thèmes de nature, d’exclusion, de solitude, rehaussé d’une intrigue qui tient en haleine jusqu’à la dernière page.

Là où chantent les écrevisses, Delia Owens, Seuil, 21.50€

Homo sapienne // littérature groenlandaise

Cinq personnages à l’aube d’un basculement identitaire, d’une acceptation de soi parfois douloureuse mais toujours salutaire. Niviaq Kornelissen fait partie de cette génération d’autrices qui oeuvrent au renouveau littéraire, avec un roman polyphonique et polymorphe. Elle nous invite à entrer dans la vie d’une jeunesse qui se cherche, aux carrefours des langues, des cultures et des genres. Un roman qui ne manquera pas de vous étonner et de vous émouvoir.

Homo sapienne, Niviaq Korneliussen, 10/18, 7.10€

Crazy Brave // Littérature amérindienne

Joy a subi le sort de beaucoup de jeunes amérindiennes. Coupée de ses racines dès le plus jeune âge, ballotée par des parents en mal de repères, violemment bercée dans les vapeurs d’alcool, elle se construit sur les ruines d’un monde qui fait partie d’elle, de sa chair comme de son esprit. Le roman de vie d’une femme au courage exceptionnel qui irradie une énergie folle, une volonté de vivre qu’elle partage grâce à l’écriture. Elle nous saisie devant tant de force intérieure.Un splendide témoignage !

Crazy Brave, Joy Harjo, Globe, trad. Nelcya Delanoë et Joëlle Rostkowski, 19€

Les toits du paradis // Littérature indienne

Le Paradis, c’est de la tôle et de la toile, un amas de matériaux qui forment des cabanes bringuebalantes. Un bidonville. Mais c’est avant tout un quartier dont les habitants, principalement des femmes et des enfants, sont prêtes à tout pour le défendre contre les bulldozers qui veulent détruire leur vie, leurs souvenirs et leurs espoirs. Et parmi ces femmes, cinq jeunes filles, aux caractères plus forts que le quotidien, venus de tous les horizons, mais que l’amitié et la solidarité ont soudé à jamais. Sous « Les toits du paradis » se cache une humanité que si bat et espère, qui vit malgré la misère, joyeusement. Et l’enfance y court avec son optimisme et sa force de vie. Un régal !

Les toits du paradis, de Mathangi Subramanian, editions De L’Aube, trad. Benoîte Dauvergne, 23€