Archives de catégorie : Romans/polars

Noir Volcan // Poésie

Dans la poésie de Cécile Coulon, il y a quelque chose de la réminiscence. En convoquant les êtres et les paysages aimés, ce sont les nôtres qu’elle convoque. Sous le signe de la douceur, elle poétise le quotidien. Il y a une tension entre l’intime et le public. Une poésie qui a la force des volcans et la douceur de la vallée, la mélancolie des trajets en train et la joie du retour chez soi.

Noir Volcan, Cécile Coulon, Le Castor Astral, 15€

Je suis une viking // littérature américaine

Quand on est différente, il faut être forte comme une guerrière Viking pour mener le combat quotidien. C’est ce que nous apprend Zelda. Elle a 21 ans. Elle dit qu’elle est « attardée » mais il n’y a qu’elle qui peut le dire. Lorsqu’elle apprend que son frère côtoie de vilains revendeurs de drogue malgré les règles de la tribu, elle va tout faire pour l’aider. Grâce à ses exploits de guerrière, elle gagne en autonomie. Avec ce personnage naïf et attachant, fort et lumineux, Andrew David MacDonald nous offre une leçon de vie : les capacités intellectuelles ne font pas la force de vie, ni la faiblesse corporelle la force mentale. Un grand coup de cœur plein d’humanité !

Je suis une viking, Andrew MacDonald, NIL, 21€

Un féminisme décolonial // Essai

Dans cet essai, Françoise Vergès prône un féminisme intersectionnel ouvert aux cultures du monde et à ses différentes formes de lutte. Elle montre les luttes des femmes racisées qui ont été bâillonnées malgré un vivier de luttes créatives, radicales, effacées par le féminisme mainstream. Elle nous montre en quoi le féminisme aujourd’hui tend à décomplexer les autres formes d’exploitation et d’aliénation, pour faire égalité avec un système patriarcal capitaliste. Un essai très intéressant qui permet de repenser les luttes et nos positionnements dans ces luttes. A lire.

Un féminisme décolonial, Françoise Vergès, La Fabrique éditions, 12€

Kim Jiyoung, née en 1982 // Littérature coréenne

Dans ce roman, presque documentaire, Cho Nam-joo nous emmène sur les traces de Kim Jiyoung, une jeune coréenne née dans les années 80. Kim Jiyoung cherche l’émancipation dès ses années d’école, mais se heurte aux carcans sociaux et à la tradition patriarcale. L’autrice nous montre les changements qui ont lieu au fil du temps, convoquant le vécu de la mère et de la grand-mère de Kim Jiyoung. Elle nous fait vivre à travers ce personnage la lutte constante de la femme coréenne dans tous les domaines : les études, la vie familiale et professionnelle, dans la vie amoureuse aussi. Et comment cette lutte épuise. Un roman très intéressant !

Kim Jiyoung, née en 1982, Cho Nam-Joo, NIL, 18.50€

L’Incivilité des fantômes // SF américaine

Aventurez-vous dans une incroyable odyssée dans un vaisseau où l’esclavagisme règne en maître pour maintenir un ordre odieux afin d’acheminer l’humanité vers un nouveau monde habitable. Rivers Solomon revisite le thème de l’arche stellaire y insérant différents thèmes bien contemporains : le machisme, le racisme, le genre, la ségrégation. Elle nous offre un texte politique porté par une histoire captivante et un univers génialement construit.

L’Incivilité des fantômes, Rivers Solomon, Aux forges de Vulcain, 20€

Mes bien chères sœurs // Essai

La langue claque, clashe, slame. Chloé Delaume fait sienne la langue pour dire les mots et les maux de générations de femmes bafouées, mutiques. Elle explose et expose à notre figure les réalités trash de notre société et clame l’importance du féministe 2.0 qui a créé un espace de paroles et de sororité. A mettre entre toutes les mains pour l’avènement d’un monde « qui mérite qu’on soit dedans » !

Mes bien chères sœurs, Chloé Delaume, Points, 6.10€

Le Plongeur // Littérature canadienne

Le narrateur, Stéphane, est un jeune homme tout juste sorti du giron familial. Il entame des études de graphisme à Montréal. Pour payer ses études et son logement, il a travaillé dur tout l’été. Mais arrivé à la capitale, il découvre pour son plus grand malheur les machines à sous, les loteries vidéo. Et tout son argent y passe. Les galères s’enchaînent alors. Il trouve un petit boulot à La Trattoria un restaurant qui pourrait être sa rédemption mais aussi sa déchéance. Portrait d’une jeunesse qui brûle la vie par tous les bouts, Le Plongeur nous fait entrer par la porte de derrière dans le monde de la restauration : des shifts qui s’enchaînent sans se ressembler, des coups de gueule et des amitiés qui se nouent dans les verres de bières de fin de service, le tout au son de Megadeth et d’Iron Maiden !

Le Plongeur, Stéphane Larue, Points, 8.30€

Au-delà de la pénétration // Essai

 

Un livre merveilleux, libérateur, féministe, joyeux ! Libérons et acceptons nos sexualités, nos désirs, nos corps. Une ode à la jouissance sous toutes ses formes !

Au-delà de la pénétration, Martin Page, Le Nouvel Attila, 10€

Françoise d’Eaubonne et l’écoféminisme // Essai

Cet essai, paru dans la collection « Précurseur·ses de la décroissance » des éditions Le Passager clandestin, propose une introduction à la pensée de Françoise d’Eaubonne, militante féministe et écologiste. A l’origine de l’écoféminisme, elle, l’autodidacte, théorise le rapprochement entre l’écologie et le féminisme. Le Passager clandestin a conçu cette collection dans une volonté de simplicité, l’approche de cette pensée est donc aisée. Vous trouverez également des extraits des textes de Françoise d’Eaubonne, qui vous donnerons envie d’en lire plus j’en suis sûre !

Françoise d’Eaubonne et l’écoféminisme, Caroline Goldblum, Le Passager clandestin, 10€

Le Poids des morts // Polar espagnol

Immense coup de cœur pour ce polar ! Le Poids des morts est le premier roman de Victor Del Arbol. Mais la plume de l’écrivain y est déjà tellement affûtée. On y retrouve les obsessions de l’auteur : l’impossibilité d’échapper au passé et les secrets toujours révélés. Dans ce roman qui s’inscrit dans l’Espagne franquiste, Victor Del Arbol dévoile tout son sens tragique tout en fuyant l’apitoiement. Il taille au couteau la noirceur de l’âme humaine, décrit l’horreur de la dictature, comme un cri de guerre. Il dépeint un temps d’abjection absolue où le Mal n’est plus une notion mythologique mais un liquide qui irrigue les corps et ne peut se dissoudre que dans le sang versé. Un temps où les femmes appartenaient à la cruauté des hommes et n’étaient que les instruments de cette cruauté. Lu en un jour, d’une traite, sans pouvoir le lâcher !

Le Poids des morts, Victor Del Arbol, Actes sud, 22€