Archives de catégorie : Littérature

L’anarchiste qui s’appelait comme moi // Littérature espagnole

Découvrez le destin exceptionnel d’un personnage picaresque qui vous fera rire, qui vous fera trembler, qui raconte grâce à son existence tout un pan de l’histoire espagnole. Pablo Martin Sanchez est un anarchiste qui participa aux nombreuses révoltes qui secouèrent L’Espagne et ébranlèrent la dictature de Primo de Rivera. Ce roman nous raconte son histoire, de son enfance à sa lutte pour la liberté. Les pages de ce roman contiennent tout l’espoir des utopies du début du XXe siècle. Mais avant d’être un roman politique, c’est avant tout un roman d’aventures, plein de péripéties : l’amour contrarié, l’amitié profonde,  les risques de la lutte, les choix d’un homme ordinaire au destin romanesque. L’auteur (qui porte le même nom que son héros) pose sur son personnage un regard facétieux, nous rendant cet anarchiste particulièrement attachant. Un roman passionnant, qui emporte dès la première page.

L’Anarchiste qui s’appelait comme moi, Pablo Martin Sanchez, La Contre Allée et Zulma, 23.90€

Tableau final de l’amour // Littérature québecoise

Dans ce roman, Larry Tremblay nous invite à visiter l’antichambre de la création de Bacon et de son histoire d’amour brûlante avec un homme qui fut sa muse et sa souffrance.  Quel texte ! Il y a la fureur, la vitalité, le chaos. Il agit sur nous comme le flux et le reflux de la marée, comme une vague qui emporte tout. Il y a une tension permanente entre Bacon et le monde, entre lui et l’autre, entre le peintre et le corps. Il y a quelque chose qui a trait à la possession : possession des corps, de l’identité comme la confiscation d’un être par le peintre qui le représente. Mais c’est aussi une possession du lecteur, comme pris en otage qui ne sait plus, ne peut plus penser. Il ne peut que ressentir. Il n’y a plus de rationalité possible, que de la sensibilité, pas à fleur de peau, mais la chair à vif. On y retrouve des accents du Théâtre de le Cruauté d’ Antonin Artaud, de la souffrance transfigurée par l’art, que ce soit la peinture de Bacon ou celle de l’écriture de Larry Tremblay elle-même. C’est un texte qui s’infuse dans les veines et qui vient hurler à nos oreilles le chamboulement de la représentation. Un immense coup de cœur !

Tableau final de l’amour, Larry Tremblay, La Peuplade, 18€

Climax // Littérature française

Noah revient dans son village au nord de la Norvège pour contrôler une plateforme pétrolière après un accident. Ses amis d’enfance y vivent toujours, Anå son ancien amour, Anders devenu glaciologue, Knut qui vit en autarcie… Chacun va voir sa vie ébranlée dans les semaines qui suivent l’accident. Un roman d’aventure captivant qui mêle légende nordique, jeux de rôle et catastrophe climatique. Quand la réalité rattrape la fiction, que l’avenir de notre planète se joue en un lancé de dés… Magistral.

Climax, Thomas B. Reverdy, Flammarion, 20€

L’Octopus et moi // Littérature australienne

En cherchant à sauver une pieuvre, Lucy va perdre ses seins qu’elle détestait, ces faux seins d’après le cancer. Elle devra apprendre à vivre dans un nouveau corps, à construire son identité de femme. Dans une Tasmanie sauvage, un roman sur le rapport entre l’homme et la nature, mais aussi sur les rapports entre les hommes, qui ont des idéaux, des convictions, mais aussi des contradictions. L’écriture est unique, elle fait appel à tous nos sens. On goûte, on touche, on sent, on vit le texte. Un roman qui fait partie de ceux qui restent, qui font voyager, qui font réfléchir sur nous-même et sur le monde qui nous entoure.

L’Octopus et moi, Erin Hortle, Dalva, 22.90€

Là où chantent les écrevisses // Littérature américaine

Abandonnée par sa famille, Kya vit seule depuis ses 10 ans dans une maison délabrée au cœur des marais. Elle apprendra à apprivoiser ce climat inhospitalier de Caroline du Nord, et même à l’aimer. Le marais devient son territoire, mais l’exclut du reste du village. Une héroïne attachante et courageuse, un roman réjouissant qui mêle les thèmes de nature, d’exclusion, de solitude, rehaussé d’une intrigue qui tient en haleine jusqu’à la dernière page.

Là où chantent les écrevisses, Delia Owens, Points, 8.50€

L’Ami // Littérature française

Thierry vit dans un hameau et a pour seul ami son voisin, Guy. Lorsque la police arrive chez Guy et l’embarque avec sa femme, Thierry est décontenancé. Et lorsqu’il apprend que Guy est un tueur en série recherché depuis des années, son monde s’écroule. Pourquoi n’a-t-il rien vu ? Comment a-t-il pu être ami avec un monstre ? Commence pour lui une quête de sens, un sens à ces années d’amitié, un sens à son couple, à son enfance. Un roman psychologique implacable et captivant qui explore les méandres de l’âme humaine.

L’Ami, Tiffany Tavernier, Sabine Wespiser, 21€

Normal People // Littérature irlandaise

Les belles histoires d’amour ne sont pas si courantes, alors profitons-en ! Connell est un garçon populaire au lycée, Marianne une jeune fille solitaire. Ils connaitront pourtant ensemble leur premier amour. Puis vient l’université, les personnalités changent. Au fil des mois, des années, leurs vies se croisent et se décroisent. Entre amitié profonde, amour et souffrance, ils incarnent toutes les incertitudes d’une génération qui se cherche et se construit. Une histoire d’amour à la fois singulière et universelle, quand deux destins semblent liés envers et contre tout.

Normal People, Sally Rooney, Editions de L’Olivier, 22€

Starlight // Littérature canadienne

Un magnifique roman sur la résilience par la nature. Starlight, c’est l’histoire d’une femme en quête de repos et d’un abri pour elle et sa fille, loin de la violence. Elle va trouver refuge auprès d’un homme qui lui offrira l’un des plus beaux présents : celui de la nature et du sentiment d’appartenance au monde. Elle retrouvera le goût de vivre entourée d’une famille. Les personnages sont à la fois forts et pleins de douceur. Un roman dans lequel on se glisse, tout en doucement, qui respire la confiance et la sérénité.
Starlight, Richard Wagamese, Zoe, 9€

L’été de la sorcière // Littérature japonaise

Mai est une petite fille renfermée qui a du mal à se lier aux autres. Elle souffre de phobie scolaire et ne veut plus retourner dans son collège. Elle est alors envoyée chez sa grand-mère maternelle, d’origine anglaise, qui va la prendre sous son aile. Avec une patience et une distance toute britannique, la grand-mère va pousser Mai à s’accepter grâce à son jardin. Elles plantent ensemble leur petit havre de paix. Un roman tout en douceur : on imagine la bouilloire qui frémit, le chuintement de l’eau pour le thé, la lumière du petit matin qui entre par la fenêtre, les roses à thé qui diffusent leur parfum. Un petit bijou !

L’été de la sorcière, Kaho Nashiki, Picquier, 18€

Vania, Vassia et la fille de Vassia // littérature française

Trois personnages au sein d’une petite communauté d’anciens cosaques installés en Corrèze. Trois destins très différents. L’un voudra défendre la France tout en gardant son identité russe, l’autre préférera rejoindre Hitler pour l’aider à vaincre Staline et pouvoir retourner en Russie. La petite dernière, sans argent mais déterminée, devra se construire un avenir en traversant ce XXème siècle mouvementé et sera actrice d’une société qui change. Un souffle romanesque traverse ce récit et nous transporte au plus prêt des joies et des tourments des russes de France.

Vania, Vassia et la fille de Vassia, Macha Méril, Liana Levi, 11€