Café-lecture du Vendredi 05 Mai 2017

Un livre, une boisson chaude, et de la convivialité ! Chaque mois, choisissez un livre (ou plusieurs) à lire dans une sélection thématique que je vous proposerai, et venez partager vos impressions. Un bon moment d’échange et de découverte.

Une fois par mois le vendredi à 19h. Merci de vous inscrire.

La prochaine date :

Vendredi 05 Mai à 19h – retrouvez la sélection ci-dessous.

 

cafe lecture

 

 

Ce pays qui te ressemble, Tobie Nathan, Livre de Poche, 8,30€
C’est dans le ghetto juif du Caire que naît, contre toute attente, d’une jeune mère flamboyante et d’un père aveugle, Zohar l’insoumis. Et voici que sa soeur de lait, Masreya, danseuse aux ruses d’enchanteresse, le conduit aux portes du pouvoir. Voici aussi les mendiants et les orgueilleux, les filous et les commères de la ruelle, les pauvres et les nantis, petit peuple qui va roulant, criant, se révoltant, espérant et souffrant. Cette saga aux couleurs du soleil millénaire dit tout de l’Égypte : grandeur et décadence du roi Farouk, arrivée au pouvoir de Nasser en 1952 et expulsion des Juifs, islamisation de l’Égypte sous la poussée des Frères musulmans première éruption d’un volcan qui n’en finit pas de rugir… C’est la chute du monde ancien, qui enveloppait magies et sortilèges sous les habits d’Hollywood. La naissance d’un monde moderne, pris entre dieux et diables.

 

 

Acquanera, Valentina d’Urbano, Points, 7,80€
Lorsqu’on découvre dans son village natal un squelette qui pourrait être celui de sa meilleure amie, Fortuna décide de revenir après dix ans d’absence. Elle retrouve le lac sombre, la maison de sa chère grand-mère, Elsa, et l’hostilité de sa mère, Onda. À la recherche de la vérité, elle explore son histoire familiale, celle de quatre générations de femmes marquées par d’étranges dons de voyance…

 

 

D’ailleurs, les poissons n’ont pas de pieds, Jon Kalman Stefansson, Folio, 8,20€
­Ari regarde le diplôme d’honneur décerné à son grand-père, le célèbre capitaine et armateur Oddur, alors que son avion entame sa descente vers l’aéroport de Keflavík. Son père lui a fait parvenir un colis plein de souvenirs qui le poussent à quitter sa maison d’édition danoise pour rentrer en Islande. Mais s’il ne le sait pas encore, c’est vers sa mémoire qu’Ari se dirige, la mémoire de ses grands-parents et de leur vie de pêcheurs du Norðfjörður, de son enfance à Keflavík, dans cette ville «qui n’existe pas», et vers le souvenir de sa mère décédée. Jón Kalman Stefánsson entremêle trois époques et trois générations qui condensent un siècle d’histoire islandaise. Lorsque Ari atterrit, il foule la terre de ses ancêtres mais aussi de ses propres enfants, une terre que Stefánsson peuple de personnages merveilleux, de figures marquées par le sel marin autant que par la lyre. Ari l’ancien poète bien sûr, mais aussi sa grand-mère Margrét, que certains déclareront démente au moment où d’autres céderont devant ses cheveux dénoués. Et c’est précisément à ce croisement de la folie et de l’érotisme que la plume de Jón Kalman Stefánsson nous saisit, avec simplicité, de toute sa beauté.

 

 

Là où se croisent quatre chemins, Tommi Kinnunen, Albin Michel, 22€
Au nord de la Finlande, un village perdu au coeur de la taïga voit se nouer le destin d’une famille. Tout commence en 1895 avec Maria, qui élève seule sa fille et à qui la profession de sage-femme assure une certaine indépendance. Dans l’ombre de sa mère, Lahja cherche quant à elle à s’affirmer en réalisant son rêve : fonder un foyer. Mais Onni, l’homme qu’elle a choisi, revenu de la guerre en héros, cache un secret qui compromet toute promesse de bonheur. Des décennies plus tard, en s’installant dans la maison familiale, Kaarina, leur bellefille, va faire tomber silences et non-dits transmis de génération en génération… À travers la voix de ses quatre personnages, Tommi Kinnunen réussit une fresque intimiste bouleversante, véritable portrait de la société finlandaise au XXe siècle.

 
No Home, Yaa Gyasi, Calmann Levy, 21,90€
Un voyage époustouflant dans trois siècles d’histoire du peuple africain. Maama, esclave Ashanti, s’enfuit de la maison de ses maîtres Fantis durant un incendie, laissant derrière elle son bébé, Effia. Plus tard, elle épouse un Ashanti, et donne naissance à une autre fille, Esi. Ainsi commence l’histoire de ces deux demi-soeurs, Effia et Esi, nées dans deux villages du Ghana à l’époque du commerce triangulaire au XVIIIe siècle. Effia épouse un Anglais et mène une existence confortable dans le fort de Cape Coast, sans savoir que Esi, qu’elle n’a jamais connue, est emprisonnée dans les cachots du fort, vendue avec des centaines d’autres victimes d’un commerce d’esclaves florissant avant d’être expédiée en Amérique où ses enfants et petits-enfants seront eux aussi esclaves. Grâce à un collier transmis de génération en génération, l’histoire se tisse d’un chapitre à l’autre : un fil suit les descendants d’Effia au Ghana à travers les siècles, l’autre suit Esi et ses enfants en Amérique.

 

 

Les Accidents, John Wray, Seuil, 23€
Waldy Tolliver, dernier rejeton d’une extravagante famille, fondatrice d’un empire du cornichon et versée dans la physique quantique pour amateurs, se retrouve un beau matin piégé dans un appartement new-yorkais aux allures de capharnaüm – exilé hors du temps, qui pour lui ne passe plus. Un siècle plus tôt, l’aïeul Ottokar a découvert le secret de l’immortalité – avant qu’un bête accident de la circulation ne l’empêche à jamais d’en faire profiter l’humanité. Depuis, ses descendants, animés d’intentions plus ou moins louables, n’ont de cesse de vouloir mettre la main sur ce Graal. Et nous voici embarqués dans une fresque familiale et historique ahurissante d’inventivité, d’humour et de virtuosité. Des salons de la Vienne fin de siècle au New York bobo d’aujourd’hui, des camps de la mort à une secte New Age, du Far West aux fanzines pulp, Les Accidents est un roman fou, trépidant, bourré de personnages, de rebondissements et d’aventures. C’est aussi une grande histoire d’amour, intemporelle – et la révélation d’un jeune auteur doué d’une plume aussi magistrale que facétieuse.